La Guyane

Présentation générale de la Guyane

A la différence des autres départements d’Outre-mer qui sont des îles, la Guyane est un département d’outre-mer de la France, situé sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud, bordée au nord par l’océan Atlantique.
Sa superficie est de 84 000 km2 et sa préfecture est Cayenne. Kourou abrite le centre de lancement de la fusée européenne Ariane.

La Géographie

La Guyane française est formée par le socle ancien du massif des Guyanes. Deux fleuves servent de frontières naturelles au département : à l’ouest le Maroni (625 km de long) et à l’est l’Oyapock (425 km). La côte Atlantique est basse et marécageuse, bordée de cordons littoraux et de lagunes.

Outre la partie continentale, le département comprend plusieurs îles côtières, telles que les îles du Salut, dont l’île du Diable est la plus connue. Le chef-lieu du département est Cayenne, également principale ville et premier port de Guyane.

L’intérieur des terres, soumis au climat tropical, forme un plateau forestier très dense qui s’élève pour constituer les terres hautes. Le territoire est bien arrosé en particulier par le fleuve Maroni, qui délimite la frontière avec le Suriname, et le fleuve Oyapock, frontalier avec le Brésil.

L’histoire

Les premières traces de peuplement de l’Amazonie datent d’environ 6 000 ans avant notre ère. Les Européens découvrent la Guyane en 1500 et les Français s’y installent en 1643 : elle est alors peuplée par les Amérindiens. L’esclavage, institué dans la seconde moitié du XVIIe siècle, est aboli en 1848. Le premier bagne ouvre à la fin du XVIIIe siècle pour les ennemis de la Révolution. A partir de 1852, sous Napoléon III, commence véritablement la déportation de forçats afin de combler les besoins en main-d’oeuvre suite à l’affranchissement de plus des deux tiers de la population en 1848. Plusieurs bagnes sont construits, dont les principaux à Cayenne, sur les Îles du Salut et à Saint-Laurent du Maroni.
Le premier site aurifère est découvert en 1855, donnant lieu à une ruée vers l’or qui ne s’achèvera qu’à la fin de la seconde guerre mondiale et amènera de nombreux émigrants, en provenance notamment des Antilles.
L’année 1965 marque le début de la construction du Centre spatial guyanais à Kourou. L’activité spatiale prend rapidement une place importante dans l’économie et la vie guyanaises. Le 9 avril 1968 est lancée la première fusée sonde baptisée Véronique et le 24 décembre 1979, la première fusée Ariane. Depuis, la base spatiale s’est agrandie avec l’arrivée de deux nouveaux lanceurs exploités simultanément avec Ariane : Soyouz, dont le premier tir s’est effectué fin 2011, et Véga depuis 2012.
La Guyane est devenue plus récemment un pôle d’attraction pour les migrants en provenance d’une grande partie de l’Amérique du Sud et des Caraïbes, principalement du Suriname, du Brésil, du Guyana ou d’Haïti. L’immigration est facilitée par l’inclusion de la Guyane dans le sous-continent sud-américain, les fleuves frontières (le Maroni à l’Ouest avec le Suriname, l’Oyapock à l’Est avec le Brésil) étant davantage des lieux d’échanges et de passages que de véritables frontières.

La population

La population guyanaise se caractérise par son fort taux de croissance, sa jeunesse et la part importante de la population immigrée.
Elle est principalement composée de créoles, issus du métissage d’éléments amérindiens d’origine, de noirs importés pour l’esclavage et d’immigrants européens. S’y ajoute une forte minorité amérindienne, en particulier d’Indiens Arawaks, Caraïbes et Tupi-Guaranis, vivant dans les terres intérieures isolées.

L’essentiel des 255 000 habitants estimés en 2014 est concentré sur le littoral, bordé de mangrove.

La jeunesse de la population s’explique en grande partie par la fécondité élevée : 3,5 enfants par femme. Entre 2007 et 2012, la population guyanaise a progressé en moyenne de 2,4 % par an, soit un rythme plus important qu’au niveau national. Selon les projections de l’Insee, la population devrait plus que doubler en 30 ans et dépasser le demi-million à l’horizon 2040.
La présence d’une forte population d’origine étrangère (30 % de la population), provenant de différents pays, procure à la Guyane une grande diversité culturelle.

L’organisation institutionnelle

Le cadre institutionnel de l’outre-mer français est défini par la loi constitutionnelle du 28 mars 2003. Depuis les lois de départementalisation du 19 mars 1946 et du 31 décembre 1982, la Guyane est un département et une région. A la différence de ses homologues de métropole, son assise territoriale est monodépartementale et ses compétences sont étendues, notamment en matière de finances publiques locales. Elle est, comme les autres DOM, une région ultrapériphérique (RUP) de l’Union européenne, ce qui implique l’applicabilité du droit communautaire et lui permet de bénéficier des fonds structurels.
Suite à la consultation auprès de la population du 10 janvier 2010, la nouvelle collectivité unique, se substituant au département et à la région, verra le jour en décembre 2015 avec la première élection des conseillers territoriaux de l’Assemblée unique de Guyane.

L’économie

L’économie de la Guyane connaît depuis plusieurs années une expansion significative. De 1999 à 2007, le PIB guyanais a progressé de 4,3 % en moyenne par an en termes réels, contre 2,1 % par an à l’échelle nationale. Cette vitalité est en grande partie liée au dynamisme démographique : l’augmentation de la population constitue un défi qui s’accompagne d’importants investissements en matière d’équipement du territoire et de l’essor d’un tissu productif pouvant ouvrir la voie à un développement plus autonome.
Le secteur spatial est également un vecteur important du dynamisme économique. Il tire les exportations à la hausse et influence les autres composantes de la demande, en particulier l’investissement.
Cette croissance, qui atteint 2,9 % en volume pour l’année 2013, n’a pas encore permis de combler le retard par rapport à la moyenne nationale : le PIB par habitant qui progresse de 2,6 % en 2013 ne représente encore que la moitié du PIB par habitant français.

Les secteurs d’activité

L’économie guyanaise est dominée par le secteur tertiaire, mais l’industrie continue de se développer. Le poids de l’activité spatiale dans l’économie a diminué d’environ dix points en dix ans, reflétant une certaine diversification de l’activité locale. Le secteur de la construction reste fragile en 2014, mais de par son potentiel de développement (demande de logements et d’infrastructures), il constitue l’un des moteurs de la croissance guyanaise, alors que la plupart des filières traditionnelles sont en difficulté depuis plusieurs années : la production d’or stagne, la riziculture est en déclin et l’accès à la ressource crevettière est limitée en raison notamment de la surpêche. En revanche, la filière bois, qui bénéficie d’une demande soutenue, se développe de même que le tourisme qui dispose de perspectives favorables.

En raison de l’importance de la forêt équatoriale, la superficie des terres cultivables est particulièrement réduite. Celles-ci représentent moins de 1% de la superficie totale du département. L’essentiel de l’activité agricole est situé sur la côte. Les principales productions sont des cultures vivrières telles que l’igname, le manioc, le riz ou le maïs. Le secteur minier se développe lentement, grâce à l’exploitation de l’or, en particulier de gisements d’origine alluviale. La Guyane possède également d’importants gisements de bauxite.